Quand les secrets remontent à la surface
Il y a des lieux qui semblent faits pour abriter les secrets.

Une crypte. La pierre. L’obscurité. Ce silence particulier des lieux souterrains où le temps paraît s’être arrêté. Mélodie Miller n’aurait sans doute pas pu choisir meilleur décor pour installer sa nouvelle intrigue.
Avec Les Disparues de la crypte, deuxième enquête d’Anna Blanchard et Julien Vautrin, elle nous entraîne en Bourgogne, autour de Chablis, sur les traces de trois jeunes femmes disparues. Une légende gravée dans la pierre, une crypte inquiétante, des indices qui semblent ouvrir une piste avant d’en faire surgir une autre : très vite, l’enquête se referme sur le lecteur. Et les apparences, évidemment, sont rarement ce qu’elles semblent être.
Une enquête qui ne lâche pas son lecteur
C’est probablement ce que j’ai le plus apprécié dans ce roman : son mouvement.
Mélodie Miller connaît les codes du thriller et sait s’en servir. Les pistes se croisent, les soupçons se déplacent, les hypothèses se construisent puis vacillent. Lorsque nous pensons commencer à comprendre, un nouvel élément vient modifier notre regard.
Le rythme est soutenu, les chapitres nous entraînent les uns après les autres et l’on retrouve ce plaisir très particulier du polar : observer, soupçonner, chercher le détail qui aurait pu nous échapper… et se laisser malgré tout surprendre.
Mais Les Disparues de la crypte ne repose pas uniquement sur la mécanique de son enquête. Sous les faits, quelque chose de plus intime affleure peu à peu. Les blessures anciennes, les traumatismes, ce que l’on croit avoir enfoui et qui continue pourtant d’agir dans l’ombre donnent au récit sa dimension psychologique.
Dans une crypte, on enterre les morts. Dans ce roman, ce sont aussi les secrets qui refusent de le rester.
Anna et Julien, un duo qui cherche son équilibre
Une enquête ne tient pas seulement à l’énigme qu’elle propose. Elle tient aussi à ceux que nous avons envie de suivre pour la résoudre.
Anna Blanchard et Julien Vautrin ne se ressemblent guère.
Elle est journaliste, intuitive, rapide, volontiers provocatrice. Elle avance, cherche, fouille, prend parfois une longueur d’avance et ne résiste pas toujours au plaisir de le faire savoir. Lui est brigadier-chef, homme de terrain, plus bourru, attaché aux faits et assez peu disposé à s’aventurer dans les méandres de l’introspection.
Entre eux, forcément, ça frotte.
Ils se défient, se chamaillent, cherchent parfois à arriver avant l’autre. Mais derrière cette rivalité professionnelle se dessine une complicité plus trouble. Julien a hâte de revoir Anna tout en refusant de s’interroger sur ce que cela signifie ; Anna, de son côté, n’est manifestement pas aussi indifférente qu’elle voudrait le paraître. Mélodie Miller laisse cette attirance affleurer par petites touches, sans lui permettre de détourner l’attention de l’enquête.
J’ai aimé ce duo parce qu’il apporte de l’humanité au thriller. Derrière la journaliste et le gendarme, deux êtres apparaissent avec leurs défenses, leurs contradictions et ce qu’ils préfèrent encore ne pas regarder.
Et puis il y a Rachel.
Rachel, ou l’art de faire naître le doute
Certains personnages entrent dans un roman et déplacent immédiatement l’atmosphère.
Rachel est de ceux-là.
Elle croit aux vies antérieures, aux signes, aux correspondances, aux esprits de la nature. Elle recueille les animaux abandonnés et les « âmes esseulées », collectionne les ouvrages de philosophie et de théologie, parle le grec ancien et le latin. Mystique, cultivée, généreuse en apparence mais aussi rancunière, elle est suffisamment singulière pour devenir immédiatement troublante.
Et Mélodie Miller s’amuse avec ce trouble.
Des coordonnées, un tatouage, une jeune femme morte, des réponses qui se dérobent… Rachel devient bientôt l’un de ces personnages sur lesquels le lecteur projette ses soupçons parce que tout semble pouvoir s’assembler — peut-être un peu trop bien.
Je l’ai trouvée fascinante.
Pas seulement parce qu’elle nourrit une fausse piste, mais parce qu’elle introduit dans l’enquête une étrangeté supplémentaire. Avec elle, le doute ne porte plus uniquement sur les faits. Il s’installe dans les êtres.
Quand le passé travaille sous la surface
Une crypte est un lieu où l’on enfouit.
Et dans Les Disparues de la crypte, ce qui a été enfoui ne demande qu’à remonter à la surface.
Derrière l’enquête, Mélodie Miller s’intéresse à ce que le passé laisse en nous. Aux blessures anciennes, aux traumatismes de l’enfance, à ces événements que l’on croit parfois derrière soi et qui continuent pourtant, silencieusement, à orienter une vie.
C’est là que le thriller devient véritablement psychologique.
La question n’est plus seulement de savoir ce qui s’est passé, mais de comprendre ce qui peut conduire un être humain à devenir ce qu’il est devenu.
Car le temps ne suffit pas toujours à effacer ce qui nous a blessés. Chacun compose avec son histoire comme il le peut. Certains traversent leurs blessures. D’autres les contournent. D’autres encore construisent autour d’elles toute une architecture intérieure pour continuer à vivre.
Mélodie Miller s’appuie notamment sur un syndrome psychologique inspiré de situations réelles. Je n’en dirai pas davantage. Ce serait soulever une pierre que le lecteur doit retourner lui-même.
Car c’est aussi cela, le plaisir du thriller : descendre dans l’ombre sans savoir exactement ce que l’on va y trouver.
C’est, bien sûr, ma lecture. Un livre ne nous parle jamais tout à fait de la même manière. Nous le lisons avec notre histoire, notre sensibilité, nos propres zones d’ombre et de lumière. Et parfois, en croyant regarder les personnages, nous découvrons qu’un étrange miroir s’est glissé entre les pages.
Mélodie Miller, une autrice libre avant tout

Il fallait sans doute une femme qui a peur de la nuit noire, des volets qui claquent et des cimetières pour avoir l’idée de nous entraîner dans une crypte !
C’est l’un des paradoxes amusants de Mélodie Miller. Son imagination semble volontiers aller visiter les endroits où elle-même n’aimerait surtout pas se retrouver seule.
Mais ce qui me plaît peut-être davantage encore dans son parcours, c’est la liberté.
Après trente ans de carrière internationale dans le luxe, Mélodie change de vie en 2019. Elle part quinze mois autour du monde avec sa famille. À son retour, elle publie d’abord un guide pratique chez Casa Éditions, puis choisit l’autoédition et construit peu à peu sa vie d’autrice.
Sa saga feel good Manon a déjà rencontré plus de 70 000 lecteurs. Puis vient le thriller, avec La Mariée de la fosse, finaliste du prix Entraide Auto-édition, et aujourd’hui cette deuxième enquête d’Anna Blanchard et Julien Vautrin.
Mais Mélodie ne se contente pas d’écrire. Elle produit également ses livres audio et accompagne à son tour d’autres auteurs dans leur travail d’écriture.
J’aime ce parcours parce qu’il ne ressemble pas à une ligne droite. Il raconte plutôt une femme qui, à un moment de sa vie, a choisi de déplacer les frontières, d’explorer, d’écrire et surtout de construire sa liberté à sa manière.
Mélodie se définit elle-même comme « introvertie assumée, optimiste invétérée, hypersensible sociable et mélancolique joyeuse ». Tout un programme ! Elle partage aujourd’hui son temps entre les voyages, la photographie, l’écriture et la pâtisserie.
Et lorsqu’on sait qu’elle puise aussi dans ses propres cauchemars pour nourrir ses romans, on se dit finalement que ses peurs ont trouvé une excellente destination : Elles font frissonner ses lecteurs à sa place.
Pour découvrir Mélodie Miller
Les Disparues de la crypte est disponible en version papier et numérique.
Où acheter le livre : https://amzn.eu/d/088V8X0C
Pour suivre Mélodie et son univers
Instagram & Facebook : @melodie.miller.autrice
TikTok : @melodiemillerbooks
Site : melodie.miller.fr
Contact : melodie.miller.autrice@gmail.com


