Burn Out, épidémie silencieuse dans l’univers du bien-être

Au-delà de l’épuisement, un autre visage de la maltraitance

Ce mot, burn out, si employé socialement et évoquant cet état d’épuisement chronique et de dépression particulière, concerne de plus en plus les métiers du bien-être (Spas, instituts, thalassos, etc.) Or, nous sommes dans une double contrainte dans la mesure où, au-delà des pressions et des difficultés, l’obligation de sérénité et de rayonnement énergétique sont implicites à cette culture. Récapitulons les charges de ces métiers pour mieux en saisir les ambiguïtés et les évolutions. Dans les Spas nous avons 3 catégories de personnel : les masseurs, esthéticiennes et réceptionnistes

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qui sont directement en relation avec la clientèle. Les responsables : Spa managers, directeur des opérations. Et enfin la direction : hôtelier, directeur de marque ou propriétaire. Hélas, tout le monde n’a pas la même vision, les mêmes motivations et le même type de responsabilités. Et donc, la réaction en chaine de pressions parfois insoutenables conduit à un état de souffrance, de détresse et parfois un état proche du burn out. Tous ceux qui sont en contact direct avec la clientèle s’impliquent souvent avec dévotion, pour la majorité ce métier est une vocation, un rêve fondé sur le désir de faire du bien à autrui, tout en étant en quête de maitrise de leur art. Mais, cet artisanat qu’était le Spa à l’origine est devenu une industrie avec souvent le profit comme moteur principal. Les praticiens enchainent les soins sans pause ni régénération, rapidement les massages n’ont plus la profondeur désirée. Mais ceci n’est qu’un aspect de l’enjeu du travail de praticien. Ils doivent pratiquer techniquement des massages, mais également transmettre une énergie spécifique inhérente aux approches asiatiques, rayonner de sérénité et de bienveillance tout en veillant à leur propre équilibre. Le personnel, épuisé et en perte de sens se démotive, d’autant plus que les pressions subies par la hiérarchie du Spa ne sont pas anodines. Il m’est arrivé dans un article précédent sur « la violence dans l’univers du bien-être » de souligner ce paradoxe qu’il y ait de véritables « tueurs », qui sont loin d’avoir maitrisé leurs propres pulsions violentes. Evidement, même si ce n’est pas excusable, cela peut se comprendre car les exigences de rentabilité ainsi que la sensibilité difficile à gérer des praticiens acculent les responsables à des comportements inappropriés. Les Spa managers entre « marteau et enclume » à bout de ressources doivent trouver l’équilibre entre le personnel et la direction de l’hôtel qui est la plupart du temps peu compréhensive envers cet oiseau bizarre qu’est le responsable du Spa.

Ce rapide tour d’horizon permet de comprendre pourquoi nous trouvons de plus en plus de personnes travaillant dans les Spas, plus que fatiguées et ne souhaitant plus qu’une chose : quitter le métier pour faire radicalement autre chose. Mais cela implique néanmoins un visage du burn out présent dans l’univers du bien-être

Le burn out, en parler, comprendre et guérir

Soyons lucide sur le fait que le burn out concerne toutes les catégories professionnelles. Certaines sont plus exposées que d’autres mais cela peut toucher tout le monde. Tout d’abord, précisons que le mot est « à la mode » et j’entends souvent des remarques du style « je suis en plein burn out, alors que la personne exprime juste son extrême fatigue ou une grosse déprime. Moi qui sais un peu, cela me hérisse car je souhaite un peu de retenue, de discernement et de lucidité. Mais c’est parfois le seul moyen de nos jours de crier au secours, car dire « je suis épuisé ou déprimé ne suffit pas à alerter les proches. Le burn out est au-delà de ces symptômes, c’est une vraie maladie précise et il est préférable de consulter un spécialiste car elle ne se guérit pas avec 3 jours de repos ou une cure détox. Je caricature un peu mais j’ai vu tant de gens s’invalider dans des approches inappropriées et trainer avec une souffrance insoutenable que je tire les sonnettes d’alarme et engage les personnes concernées à avoir recours à des spécialistes. Mais les frontières de définition sont minces et les confusions sont compréhensibles. La plupart des professionnels s’accordent pour les définitions suivantes « le burn out est un syndrome d’épuisement émotionnel, de dépersonnalisation et de réduction de l’accomplissement personnel qui apparaît chez les individus impliqués professionnellement auprès d’autrui » (Maslach et Jackson, 1986). Effectivement en dehors du surmenage, de la charge de travail, on retrouve la dimension émotionnelle, le cynisme qui se joint à la dépersonnalisation, mais l’expérience démontre  que le manque de reconnaissance de la hiérarchie et de la perte de collégialité conduit la personne à la solitude ou même au sentiment d’être persécuté. Et pourtant il est démontré que la relation d’empathie avec les clients lors de soins ou de guidance pour les réceptionnistes, nourrit positivement les employés.  L’OMS a défini que en 2018, le
man between hands resisting pressureburn out était la 3ecause de maladie mondiale et en 2030 il est fort probable qu’elle serait la 1ere. Or, les personnes atteintes n’en parlent pas. Pourquoi ? Elles expriment qu’elles ont honte ou peur du jugement des autres, se jugent responsables ou considèrent que leur carrière est fichue et qu’il est inutile d’en parler. Hélas, toutes ces raisons isolent de plus en plus la personne et ne lui permet pas de trouver les ressources de guérison. L’anxiété augmente, ainsi que les trouble du sommeil, l’estime de soi est en chute libre, puis la dépression avec au bout du chemin les risques suicidaires que nous avons pu constater. L’environnement familial ou professionnel n’est pas toujours conscient de la blessure infligée par certaines remarques qui renvoie la personne à son incohérence et à son impuissance. Combien de fois ai-je entendu, moi-même, alors que j’étais en perte de vitesse des personnes très bien intentionnées me dire « Ben ? Je ne comprends pas ! Fais du yoga » ou bien « va te faire masser » ou encore « t’as qu’à méditer ! » Bref ! Si vous êtes passé par là, vous aussi vous savez ! Ben oui ! Nous savons tout cela. Lorsqu’on est dans le bien-être tout cela nous le savons et nous le préconisons aux autres tout le temps. Mais quand on est au bout du rouleau et lorsqu’on a attendu trop longtemps en étant certain que cela allait passer et s’arranger, on n’a plus le ressort pour avoir recours à ce qui nous savons, guérissant. Et pourtant, bien que ce soit une traversée du désert et de l’enfer, je reste persuadée que nous gens du bien-être nous avons les ressources pour en faire une évolution quasi initiatique. Mais tout d’abord « burn out ! »

Asian Senior old man practice Tai chi and Yoga pose on the beach sunrise

Parmi les approches médicales, plusieurs sont excellentes même si cela dépend beaucoup du thérapeute. Entre les anxiolytiques, les psychothérapies cognitives, les groupes de paroles ou même les cures thermales comme elles existent à Saujon où le Dr Dubois est particulièrement créatif et éveillé sur ce sujet là, le sujet est vraiment pris en charge. Les approches holistiques issues d’Asie comme le qigong, le yoga, les cures ayurvédiques reconnectent vraiment la personne à elle-même en interrompant l’angoisse. Mais attention ! Cela n’empêche pas l’aspect médical ou même parfois l’hospitalisation. Avancer avec prudence et lucidité pour un syndrome qui est loin d’être anodin.

Le Spa : nos clients, le personnel, le marché

Donc en ce domaine, nous nous retrouvons face à nous-même avec ce burn out qui touche le personnel et j’oserais dire le système (car le système est malade. Il est épuisé de ses tricheries. Il est au bout du rouleau, mais ses sursauts de régénération sont prometteurs. Je pense que le renouveau est en marche et nous réserve les meilleures surprises).

Le marché va de l’avant et pour le moment, la rentabilité est en première ligne, mais grâce à l’éveil de l’écologie et des suggestions de bienveillance quelques  propositions sont en train de s’infiltrer avec persistance et douceur. J’ai confiance dans la Tropfen aus goldenem Öltransformation qui est à l’œuvre. Les clients sont de plus en plus exigeants. Ils pensent toujours à eux, rassurez vous. Ils veulent tous avoir un bon soin qui les régénère et les mettent au mieux d’eux mêmes. Mais ils ont les yeux ouverts sur les conditions d’obtention de leur bien-être. Et puis les clients, même s’ils sont exigeants quant au service qu’ils attendent, sont conscients qu’une grande partie dépend d’eux et apprécient un spa manager qui va les orienter vers des pratiques de ressourcement responsables. Là est le mot clé : responsable. Nous entrons dans l’ère de la responsabilité. Cela à prendre quelques petites années mais ce feu dévorant qu’est le burn out, va nous amener vers un changement sociétal dans le domaine du bien-être. Et c’est bien !

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