Urgences, surbooking et pressions !

La tyrannie de l’urgence comme mode de vie !

Où va-t-on ? Quelle est cette toxicité que nous vivons au quotidien et dont nous ne pouvons nous libérer ? Où est notre véritable liberté, celle qui ne dépend que de nous et de notre vision de la réalité ? Quelle est cette dictature à laquelle nous participons si activement ?

Il y a quelques mois dans ce même blog j’avais écrit un article que j’avais nommé « J’ai pas le temps !!! De l’urgence dans l’univers du bien-être ». Ce vertige de pression temporelle dans un contexte qui prône le lâcher-prise et une expérience hors du temps, me semblait tellement inapproprié. C’était au mois de septembre : https://wellnessbygalyaortega.com/2019/09/03/jai-pas-le-temps/ et depuis, il me semble que cela devient encore plus hystérique avec la fin de l’année et les angoisses man between hands resisting pressuresociales ambiantes.

Tout est urgent : l’urgence climatique, l’obligation de boucler très vite les dossiers, l’indispensable nécessité de décider maintenant ce qui va advenir de nous dans 30 ans ! Nous sommes bookés, surbookés, le stress est permanent, tout est speed ou ASAP, tout cela est normal et coutumier, même si nous prônons la slow life et la distance. Mais non ! On ne fait pas de différence entre ce qui est important et ce qui est urgent. Tout est au même niveau sans véritable hiérarchisation. Pourquoi ? Parce qu’il n’y a pas de réflexion réelle. Ce qui se joue c’est la croyance (illusoire ?) du pouvoir que nous avons sur les choses et la valorisation de la course en avant. J’observais récemment les personnes qui courent dans les escalators. Parfois ces personnes gagnent 1 ou 2 marches à l’arrivée ! Lorsque je pose la question, « pourquoi ne pas profiter de cette minute où l’escalier mécanique vous fait monter et vous pourriez profiter de cette minutes pour respirer ? », on me répond : « non car je suis dans l’intensité ». Non ! Le string est trop tendu. Il n’y a aucune intensité. Il y a une crispation stridente. Mais allez-y courrez dans les escaliers mécaniques au risque de bousculer tout le monde et pour gagner juste 1 ou 2 marches. Nos contemporains acceptent tout sans discuter et vont même au devant des pressions : dossiers en plus, remplacement au pied levé des personnes licenciées, corvées, tâches humiliantes voire illégales. Il n’y a pas de conscience des limites, respect de soi-même, d’autrui ou de l’éthique. Pas de refus de contribuer au système par simplement un refus et un positionnement conscient.

Une réflexion mâture sur notre vie

Je suis « habitée » actuellement par le dernier film de Terence Malik « Une vie cachée ». Quel que soit l’avis sur l’œuvre artistique qui, de mon point de vue, est magistrale, ce film invite à un choix sur un positionnement éthique quelles que soient les conséquences. Tout peut être interrogé et argumenté. Chacun peut avoir un avis très défendable mais sans aucun doute ce film pose la question du positionnement personnel et social. Allez le voir ! Presque 3h ! Faut se les avaler ! C’est inracontable, mais vous sortez du temps  et vous touchez une autre dimension : celle de l’esprit et de l’âme. Je me confronte, moi-même à ces actes de mes collègues qui me nuisent professionnellement. Par précipitation, ces personnes prennent des décisions qui Be Yourself, Motivational Business Words Quotes Conceptm’enlèvent du travail ou me contraignent à renoncer à une mission qui ne ressemble plus à rien. Est-ce que ces personnes ne m’apprécient pas ? Est-ce que ces collègues qui sont des gens bien, cherchent à prendre ma place ou à me nuire ? Non, je suis certaine de leur amitié professionnelle et de leur estime dans mes qualités. Non, je pense que tout simplement ces personnes foncent, ne prennent pas le temps des dommages collatéraux de leur décision pour une stratégie rapidement définie. Prendre du recul, voir en perspective la totalité de la situation, analyser une action, non pas comme un « coup » mais comme une stratégie non seulement analysée dans toutes ses dimensions et dans son écologie humaine. Là est, de mon point de vue, une des solutions pour sortir de la tyrannie de l’urgence.  Lever le pied pour remettre notre vie en perspective avec tout ce que cela implique. Là est notre liberté et la force de notre humanité. Il n’y a que nous pour faire cela. Quelles que soient les pressions internes et externes, quelles que soient nos révoltes et notre souffrance, cela ne dépend que de nous ! Et cela a existé de tous temps et dans toutes les cultures.

Quelques conseils tout simples pour retrouver le sens de nos priorités

  • Débrancher de temps en temps

La détox est toujours une épreuve quel que soit l’axe choisi. Mais c’est très efficace. C’est une petite cure dont on choisit le temps 1 jour par semaine ou 1 heure par jour. Mettre une limite non négociable et s’extraire du vertige de l’accumulation des tâches dans le minimum de temps. Devenir mono tâche et par la concentration, ouvrir sa vision holistique de la situation. Vous constaterez une efficacité différente et notable.

  • Guérir de la peur

MicrocosmosQue va-t-il arriver ? Et si je me faisais dépasser ? Et si je n’étais pas à la hauteur ? La procrastination maitrisée peut-être une solution si elle est choisie, organisée et assumée comme mode de fonctionnement. Encore faut-il se libérer du regard d’autrui. Sans doute ce dernier élément est le plus complexe à éliminer. Ne plus se projeter en avant, vivre l’instant, découper l’action à réaliser en séquences afin de retrouver une prise non émotionnelle sur elle. Prévoir tous les plans alternatifs en cas d’échec et intégrer même l’échec sans que ce soit dramatique.

  • Faire le choix de soi-même

Et moi ? Etre parfait partout est la chose la plus toxique dans notre quotidien actuel : au travail, au lit, avec les enfants, dans notre beauté, notre santé ! Quelle dictature !  On se perd de vue en cours de route. Penser à soi n’est ni un signe de faiblesse, ni d’égocentrisme. Au contraire, il s’agit d’un recentrage intelligent qui redistribue les cartes de notre vie. Il s’agit de construire le paysage de notre vie et d’organiser efficacement une vie heureuse où chaque chose est à sa place et où nous sommes les sujets de notre vie. C’est loin d’être anodin et critiquable.

  • Ben non ! Je n’y arrive pas !

C’est la fin de Super Woman ! Image de la perfection et de la toute puissance, archétype d’une femme (ou d’un homme) qui ne dit jamais non, qui réussit dans tout, qui ne capitule devant aucun obstacle et qui est la reine des réseaux sociaux où chacun peut constater et admirer son impeccabilité. Eh bien, c’’est fini et c’est bien, sans culpabilité, sans frustration, sans manque. Apprendre à renoncer, à dire non, avec le sourire ou les larmes et devenir vraiment acteur de sa vie en faisant ses choix.

  • S’ennuyer avec délectation.. Si on y arrive…

J’adore ce principe de l’ennui. Rangez l’action au placard. Ressortez la lorsque c’est absolument indispensable. Ne soyez plus dans la rentabilité du temps à tout prix et de la production tous azimuts. Il ne s’agit pas de se reposer. Ça c’est indispensable physiologiquement. Non. Je veux parler de l’ennui. Vous êtes reposé. Tout va bien. Mais vous ne faites rien. Votre esprit débranche. Vous ne méditez même pas. Vous ne vous dites pas que vous êtes bien. Simplement vous décidez d’expérimenter l’ennui. JeCats lying bored on bed in the lazy days. me souviens d’une année, en fin d‘été, j’avais un creux d’activités et je devais rester à Paris chez moi, j’ai décider de m’ennuyer. Jour après jour c’était presque mission impossible pour une hyper active comme moi. Je m’obligeais à ne pas me réfugier dans l’écriture ou le téléphone. Ce fut très très dur de parvenir à ressentir cette sensation d’ennui. Cela a pris des jours avec une rigueur de résister à toute fuite et à toute occupation. Alors, en dehors de se coller soi-même le dos au mur de la non action, il existe des organisations qui peuvent vous proposer ce type d’expérience autour des cures de jeûne ou de silence dans les monastères ou de retraite dans la nature. C’est un superbe challenge et si vous y parvenez, vous en tirerez davantage qu’un simple mode de vie à adopter. Le non agir est une des clés de l’équilibre.

En conclusion : décélérer de toute urgence ! Hâtez vous de ne plus courir et vous verrez : ça marche aussi !

 

 

 

 

 

 

 

 

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