Ciel blanc Ciel noir – Brigitte Pietrzak

Une initiation au chamanisme mongol

©BrigittePietrzak

En notre époque mouvante, en quête de repères, le chamanisme fait surface très nettement car il semble y répondre. Comme tout ce qui émerge dans notre « société du spectacle », il y a de tout et en particulier les gens qui se disent chamans après 3 weekend de stages d’initiation. Le concept marketing autour du chamanisme est en route et nous assistons à une déferlante navrante. Néanmoins il existe de vraies démarches, des initiations authentiques qui démontrent que non seulement c’est possible maintenant à notre époque, mais qu’il est temps aussi que ces approches d’aides et de lien entre les mondes soient connues du public. C’est ce que fait Brigitte Pietrzak. Elle raconte afin de témoigner de ses initiations au chamanisme mongol, et ceci en toute simplicité, sans en tirer la moindre séduction, uniquement aux fins de « servir » car s’engager dans la voie du chamanisme, c’est s’engager à servir avec abnégation. Et soyons lucides, c’est une vraie responsabilité.

Le choix de Brigitte est le chamanisme mongol, car il en existe d’autres dans des cultures différentes : en Afrique, en Amérique Latine, en Asie, etc. Les principes sont les mêmes mais les ressources sont différentes. Pour elle, ce fut l’histoire de sa rencontre avec Enkhtuya, qui fut son initiatrice. Ainsi elle est remontée à la source de ce chamanisme-là, et à la source d’elle-même. Elle analyse cette magie qui rime avec lucidité et ce pouvoir avec clarté. 

L’appel qui éveille

©BrigittePietrzak

Se sentir appelé est un mystère qui appartient à chacun, qui n’est que subjectif au-delà de toute logique et de toute rationalisation. Mais  cet appel est la validation de la Voie qu’on emprunte pour son évolution. En ce qui concerne Brigitte Pietrzak cela commença par le nom de Enkhtuya, qui tournait dans sa tête à tout propos. A partir de là elle, réfléchit vraiment au chamanisme et étudia ce qui faisait la vie d’un chamane et  fit des liens avec des évènements de son enfance. Enfin elle pouvait nommer ces étranges sensations de dilution de son corps ou de son démembrement accompagné de souffrances. L’intuition de la nécessité de changer de vie sans que cela soit très clair la taraudait. Puis els contacts de nouèrent pour qu’elle partent en Mongolie rapidement et plus précisément jusqu’au tipi de Enkhtuya. La voilà dans un temps suspendu, face à celle qui l’attendait, ayant reçu elle aussi un appel à s’occuper de Brigitte. Tout s’éclaire : devenir chamane n’est pas une construction stratégique, c’est dit Enkhtuya, un appel qui ne nous laisse pas le choix, c’et « la maladie du chamane ». Elle ajoute «On ne nait pas chamane, on ne le devient pas » Cela devrai être validé par une cérémonie dans le lieu des ancêtres, l’endroit consacré où se passent les cérémonies. 

La voie s’ouvre où on touche la clé de son existence et on fait l’expérience de l’invisible et de la traversée des apparences. L’initiation comment ainsi que la route du chamanisme. Découvrir cela au fil des lignes écrites par Brigitte Pietrzak, est un trésor à nul autre pareil et que j’en suis certaine, lecteur, vous apprécierez.

Se mettre au monde soi-même

©BrigittePietrzak

Dans les chapitres de ce livre, page après page Brigitte Pietrzak décrit par le détail ses initiations et comment elle s’est transformée : rencontrer le ciel blanc et le ciel noir et en appréhender le sens et la nuance, être le Grand Guerrier et le rencontrer dans son devenir, vivre l’Ovoo, cercle de cérémonie, trouver son Tushee, celui qui nous tient, accepter le miroir qui ne nous quittera jamais car il permet de voir la réalité et au-delà. Brigitte partage également le Bouriate, son esprit maitre. Elle évoque et ce n’est pas anodin car cela caractérise pour tout le monde le pouvoir du chamanisme : la transe qui parfois peut sembler une possession. Porter un masque derrière lequel on est aveugle pour mieux voir. Apprendre à laisser partir les morts. Ainsi toutes les étapes de son initiation sont décrites avec détails, sensibilité et authenticité. 

Rassurez vous ce n’est pas une méthode « comment devenir chamane en 300 pages. Le témoigne et le récit d’une vie ouvre la porte de l’éveil et du destin pour chacun de nous.

Brigitte Pietrzak, aux confins de l’invisible et du pouvoir

©DedeAnyoh

Lorsque vous rencontrez Brigitte Pietrzak vous ne pouvez deviner sa dimension chamanique sauf si vous avez déjà vu des chamans mongols. Car l’une comme les autres ont un ancrage à la terre, une expression de cette douceur brulante qui a vu l’invisible, qui a voyagé dans ces lieux où le service à la vie est la règle. La force et l’innocence rayonnent sur son visage en même temps qu’une gravité qui ne fait pas semblant. Son parcours est surprenant mais explique le futur d’une certaine manière. En effet, musicienne, artiste peintre, son enfance fut jalonnée de visions, de pertes de connaissance et par la suite de quête de guides spirituels ou initiatiques. Ses créations artistiques tissent déjà la toile de sa sensibilité aux mondes subtils. Peu à peu, elle découvre de nombreux maîtres de traditions différentes : indienne, chrétienne, bouddhiste et affirme sa conscience de la non-dualité du corps et de l’esprit. Son art sert de levier pour concrétiser ses intuitions. Jusqu’au jour où le chamanisme fait irruption dans sa vie, elle ressent l’appel par quelques rencontres qui progressivement la conduisent à Enkhtuya, une chamane mongole qui la révèle à elle-même et lui confirme son don et sa nature et lui ouvre les portes des cérémonies et rites mongols.  Brigitte Pietrzak a trouvé enfin le sens de son service » et sa vie change de direction. 

Elle explique : « Ce sont les esprits qui me guident dans ma pratique me soufflant les gestes spécifiques à faire selon les choses qui sont à réparer. Les gestes s’inventent selon les situations. Le chamane n’est qu’un intermédiaire. Son pouvoir n’est rien d’autre que celui de ses esprits alliés, rien ne lui appartient en propre. Ce ne sont pas les transes spectaculaires qui font la réussite du rituel mais la qualité de sa reliance avec l’invisible. »

Elle pratique alors le chamanisme en France et en Mongolie, où elle retourne chaque année pour parfaire son initiation et se relier à « la source que représente Enkhtuya, sa sœur spirituelle

Elle parle du tambour, son instrument qui la fait voyager : «Le tambour ouvre la voie de l’invisible. C’est la monture du chamane. Néanmoins il n’est pas indispensable pour accéder à cet inconnu, mais en cérémonie il décuple les sensations et amplifie la richesse du paysage et des rencontres. Un vrai chamane n’a pas besoin du tambour pour voir, il importe seulement qu’il soit connecté à la sincérité de son cœur pour que ses esprits alliés viennent à lui. »

Ciel blanc Ciel noir – Brigitte Pietrzak – 25€ WWW.MAMAEDITIONS.COM           

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