L’engagement, entre promesse et éthique

Un jeu de communication ou l’histoire d’une vie

Que de sens derrière ce simple mot « engagement ». Nous l’employons dans des échanges commerciaux (s’engager par contrat), financiers (engager un objet en gage), militaires (engager une action miliaire), sportifs (engager une stratégie lors d’un match), lors de contrats, d’échanges affectifs, sociaux ou philosophiques. C’est dire, si ce mot est complexe et au cœur d’actions, réflexions et positionnements.

Or, actuellement nous assistons à des vagues de « faux engagements » ou à des refusText sign showing Content Engagement. Conceptual photo action a user takes on a given piece of content. d’engagements. Tout cela évidemment avec la certitude de la justesse de son comportement. Que se passe-t-il et de quoi est-il question ?

  • Les faux engagements ? Est-ce que « râler » sur les réseaux sociaux, vomir au sujet de certaines causes qui, même si elles sont justes, sont noyées sous les torrents de jugements sans recul et maturité de réflexion. Est-ce que ça c’est l’expression d’un engagement ? Dénoncer, mettre le feu aux poudres, participer à la curée, faire masse dans un fanatisme quelle que soit la cause de mon point de vue, n’est pas un vrai engagement. Je prendrai un exemple : « les sans-papiers » ou les migrants. Certaines personnes se sont engagées, ont accueilli (alors que c’est illégal) des migrants ou des sans-papiers chez eux ou ont trouvé concrètement des hébergements décents. C’était difficile, risqué. La prise de responsabilité était très complexe. Mais ces personnes ont posé des actes. Elles ne sont pas contentées de dénoncer, de se répandre en révoltes sans solutions concrètes autre que « mais que fait le gouvernement ? » Certes bonne question. Mais est-ce là un engagement ? Huuummm pas sûr. Et actuellement nous avons pléthore d’exemples en ce domaine : les violences faites aux femmes, le viol, les cinéastes récompensés ou blacklistés, et bien évidemment les régimes des retraites, les inégalités sociales, l’écologie. Toutes ces causes sont justes et elles révèlent sans aucun doute de vrais dysfonctionnements. Mais, question qui va forcément déranger : Est-ce que une manifestation ou une grève ont valeur d’engagement ? OUI. Mais comment ? est-ce au prix d’une violence destructrice ? quant aux commerces, PME, détruits ou dans la situation de faillite à cause de groupes arcboutés dans des actions rigides. S’engager c’est être responsable. Qu’en est-il alors des effets secondaires sur autrui de son engagement ?
  • Le refus d’engagement : dans un tout autre domaine, nous assistons à une volonté affichée de ne pas s’engager. Dans les métiers de service que je connais bien, il est fréquent de ne pas accepter un contrat de travail qui engage. Travailler comme saisonnier dans l’hôtellerie, la restauration ou le Spa à la montagne ou en bord de mer, en CDD pendant 6 mois et ensuite grâce au chômage aller faire du tourisme, se former, ou simplement vivre selon des critères hédonistes, nous rencontrons tous les jours ces cas de figure. Cela peut être compréhensible compte tenu des mutations sociétales et du manque de confiance dans un futur dont on distingue mal les contours. Mais cela pose encore une fois la question de l’engagement pour soi et dans la société. Car très concrètement, l’embauche de salariés, la gestion des équipes de travail devient un casse-tête qui confine à l’écoeurement.

S’engager au nom de la vérité ou de la justice est un acte libre. Il ne peut être Handshake to seal a deal after a job recruitment meetingqu’individuel même s’il s’exprime ensuite collectivement. Mais doit-il faire fi des « effets secondaires » sur autrui ? Est-il légitime et normal de s’en tirer avec le commentaire que j’ai bien souvent entendu : « on ne peut d’omelette sans casser d’œufs. Ce sont les dommages collatéraux » ? J’aurais tendance à dire : « Certes, alors prenez en charge et en responsabilité le mal fait à autrui, conséquence de votre positionnement. ». Est-ce que tous les gens qui militent pour le bien-être animal et qui dénoncent, à raison,  certaines cruautés des abattoirs, sont-ils prêts à faire la grève de manger de la viande tant que le « ménage » clair et concret n’aura pas été fait en ce domaine ? Avec preuves à l’appui. S’engager c’est choisir. Et on ne peut choisir la moitié d’une proposition. L’engagement est pragmatique. Il n’est pas une vue de l’esprit ni une conscience des choses. Pour être véridique, il est obligatoirement suivi d’un acte.

La notion d’engagement est si riche et touche à tant de domaines que j’aimerais évoquer la naissance  humaine qui se fait lorsque la tête du bébé s’engage dans le bassin de la mère. C’est un moment difficile, parfois douloureux, mais la naissance est à ce prix. Une césarienne sauve des vies et épargne de la souffrance, mais n’a pas la même dimension énergétique.

Tenir sa parole est sacré ?

Il y a des peuples pour lesquels donner sa parole est signe d’engagement, les contrats se valident en tapant dans la main et ne pas aller au bout de son engagement, c’est se trahir soi-même, perdre sa dignité et son honneur. Dans le Japon traditionnel, on se faisait hara kiri (seppuku), en Espagne, il ne pouvait y avoir de pire humiliation. Donner sa parole était lié à un système de valeurs qui tenait la personne en haute estime et où Business people join hand together during their meetingla morale était un des piliers sociaux. Quelles étaient les valeurs qui soutenaient cette attitude ? Le respect, l’estime, l’honneur ainsi que quelques codes qui ont fait progressé l’humanité au fil des âges.

Comment valider des personnes qui briguent une place ou une présence dans une association ou simplement une tâche collective et une fois la place acquise, ne font rien, rien, absolument rien que dire des paroles très prometteuses jamais suivies d’actes. Cela ne fait tellement pas partie de ma vie ni de ma conception de l’engagement que j’en suis sidérée. Quel gâchis !

Une histoire de culture et de moment

La notion d’engagement qui a varié au fil des cultures et a pris des formes différentes selon les pays et les cultures, a produit des intellectuels engagés, des philosophes, des chanteurs, des poètes, des artistes, des écrivains qui sans aucun doute ont posé des réflexions. Mais, pour en revenir à mon point de départ, qu’en est-il de l’action qui suit l’affirmation de la valeur, de la vision, de la révolte ? C’est bien beau d’affirmer du fond de son salon parisien à quel point il est insupportable que telle ou telle chose se produise, ou alors si on se déplace, on convoque la presse qui doit témoigner par un reportage de l’authenticité de l’engagement. Comme c’est difficile d’apprécier ces philosophes mondains ! Oui l’idéal est très exigeant.

En terme de justesse et d’authenticité, je prendrais comme exemple Socrate (Ve siècle avant JC) : Sa mort est l’engagement de sa philosophie. Alors qu’il était emprisonné à Athènes et que ses disciples firent tout pour son évasion, il fit le choix de rester et d’affronter la mort plutôt que de trahir son engagement dans la recherche philosophique.

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