Colloque Physiobell’ : quand prendre soin des femmes touchées par le cancer nous interroge

Du 18 au 20 septembre 2026, Florence Ansar organise le colloque Physiobell’ consacré aux cancers féminins. Trois jours pour faire dialoguer le monde médical, les socio-esthéticiennes, les esthéticiennes et les professionnels du soin et du bien-être autour d’une même question : comment accompagner avec justesse les femmes touchées par le cancer ?

Je connais bien Florence Ansar. C’est une amie. Une vraie. De celles avec lesquelles on partage les enthousiasmes, les projets, mais aussi les interrogations et les doutes. Je connais son engagement. J’ai suivi la construction de ce colloque et je sais ce qu’elle a voulu y mettre : de la connaissance, des rencontres, des regards différents et, surtout, de l’humain.

Mais l’amitié, à elle seule, ne suffirait pas à me donner envie de vous en parler ici.

Si j’ai choisi de consacrer un article à ce colloque, c’est parce qu’il vient toucher une question qui m’accompagne depuis longtemps : que signifie vraiment prendre soin ? Le mot est partout. Dans nos métiers, nous l’employons chaque jour. Prendre soin d’une peau. D’un corps. D’une personne. Lui offrir du bien-être, de l’attention, de l’écoute. Tout paraît simple. Jusqu’au jour où la maladie entre dans la cabine.

Une femme pousse la porte d’un institut.

Elle traverse un cancer. Elle vient de terminer ses traitements. Ou peut-être la maladie appartient-elle déjà à son histoire. Elle vient pour un soin du visage, un massage, ses mains, sa peau. Pour se sentir mieux. Pour retrouver son image. Ou simplement pour vivre une heure pendant laquelle elle ne sera pas seulement regardée comme une personne malade.

Face à elle, une esthéticienne qui, naturellement, veut prendre soin. Et soudain, le geste le plus familier peut soulever des questions.

Peut-on toucher ? Comment ? Y a-t-il des zones à éviter ? Que sait-on des effets des traitements sur la peau, sur les tissus, sur la sensibilité ? Que faire d’une émotion qui surgit ? Faut-il parler ? Se taire ? Écouter ? Et jusqu’où accompagner sans sortir de son rôle ?

Il ne s’agit pas d’avoir réponse à tout. Peut-être même est-ce exactement l’inverse.

Prendre soin commence parfois par accepter que l’on ne sait pas. Et par avoir envie de comprendre.

Face à la maladie, la bonne volonté ne suffit pas toujours. Et le reconnaître ne diminue en rien la valeur d’un geste ou d’une présence.

Une esthéticienne reste une esthéticienne. Une socio-esthéticienne exerce un métier spécifique, auquel elle s’est formée. Un médecin soigne. Chacun possède ses compétences, son expérience, son champ d’intervention. Il ne s’agit ni de les confondre ni de les opposer.

Le colloque Physiobell’ ne remplace aucune formation et ne prétend pas former en trois jours à la socio-esthétique. Il propose autre chose : mieux comprendre ce qui se joue pour pouvoir agir avec davantage de justesse, mais aussi reconnaître le moment où il convient de passer le relais.

Connaître ses limites ne signifie pas renoncer à prendre soin. C’est peut-être, au contraire, l’une des formes les plus respectueuses du soin.

Voilà sans doute ce qui m’intéresse le plus dans la démarche de ce colloque. Dans la réalité, les compétences sont séparées. Elles doivent l’être. Chacun son métier, sa formation, son expertise, sa responsabilité. 

Mais la femme, elle, ne se découpe pas. La même femme reçoit un diagnostic, traverse des traitements, voit son corps se transformer, sa peau réagir, son énergie fluctuer. Son rapport au toucher peut changer. Son image peut vaciller. Sa manière de s’habiller, de se regarder, parfois même de se sentir femme peut être bouleversée. C’est autour de cette même personne que des univers professionnels différents ont quelque chose à se dire.

Pendant trois jours, le colloque Physiobell’ choisit donc de créer des passerelles. Le médical y rencontre la socio-esthétique, l’esthétique et différentes approches de l’accompagnement. Non pour effacer les frontières entre les métiers, mais pour permettre à chacun de mieux comprendre le regard et le rôle de l’autre.

Cette phrase pourrait sembler ambitieuse. Elle prend ici un sens très concret : regarder une femme dans sa globalité sans jamais confondre les compétences de ceux qui l’accompagnent.

Je ne vais pas vous dérouler ici le programme du colloque. Il est dense, les intervenants nombreux, et vous pourrez le découvrir dans son intégralité sur le site de Physiobell’.

Ce qui m’intéresse davantage, c’est le chemin qu’il dessine. Il sera question de l’annonce du diagnostic et de ses répercussions, d’écoute et de communication, de prévention, de toucher, de peau, d’image de soi, de couleur, de vêtement, d’activité physique, de socio-esthétique, mais aussi d’approches complémentaires. Des sujets très différents en apparence.

Et pourtant, ils parlent tous de la même chose : de ce que devient la vie d’une femme lorsque le cancer vient la traverser.

Depuis longtemps, je navigue dans les univers du soin, du bien-être et de l’accompagnement. J’y ai rencontré des professionnels passionnés, des savoirs multiples, des approches parfois très différentes.

J’aime l’idée qu’ils puissent se rencontrer sans chercher à se confondre.

C’est aussi pour cela que je soutiens Florence dans cette aventure. Parce qu’elle crée un espace où l’on peut écouter, questionner, confronter les regards et, peut-être, mieux comprendre.

Avec, au centre, celle qu’il ne faudrait jamais perdre de vue : la femme.

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