Pour commencer, une confession.
Quand j’ai postulé pour devenir Lectrice Leduc 2026, je ne pensais pas une seconde être sélectionnée.
Et, pour être totalement honnête, je n’étais pas particulièrement enthousiaste.
Et pourtant…
C’est aujourd’hui le partenariat qui m’enchante le plus.
Parce que ces lectures sont éclectiques, surprenantes, profondément humaines.
Et parce qu’elles mettent la femme au centre. Dans toute sa complexité, sa force, sa diversité.
Et ce roman graphique en est la preuve éclatante.
20 femmes. 20 révolutions silencieuses
Quel est le point commun entre :
- le premier diagnostic européen de Covid-19,
- les débuts de la médecine psychosomatique,
- l’identification du mécanisme de la trisomie 21 ?
Ces avancées majeures sont l’œuvre de femmes.
Des femmes invisibilisées.
Des pionnières effacées des manuels.
De l’Égypte antique à Auschwitz, du Moyen Âge à un camp de réfugiés palestiniens du XXIe siècle, cet ouvrage retrace le destin de vingt femmes qui ont bouleversé l’histoire de la médecine.
Parmi elles :
Agnodice, Dorothea Erxleben, Iman Al Assaad… et bien d’autres.
Elles ont exercé sans titre.
Elles ont travaillé sans reconnaissance.
Elles ont prouvé, encore et encore, qu’elles n’étaient ni “le sexe faible”, ni secondaires.
Elles étaient visionnaires.
Le pouvoir du roman graphique
Je lisais peu de bandes dessinées.

Et je découvre, grâce à cette collection, à quel point le format graphique est puissant.
L’écriture va à l’essentiel.
Les dessins incarnent.
Les messages frappent plus directement.
Entre deux romans denses, ce type de lecture offre un souffle différent :
plus ludique, mais pas moins profond.
Les illustrations de Mademoiselle Caroline apportent une légèreté apparente qui rend le propos encore plus percutant.
Son trait, expressif et accessible, permet d’aborder des sujets historiques parfois lourds avec fluidité.
On apprend.
On s’indigne.
On admire.
Un livre à transmettre
Ce livre de 236 pages, je vais le mettre entre les mains de ma fille de 11 ans.
Parce qu’il est essentiel que les jeunes générations sachent.
Qu’elles découvrent ces figures effacées.
Qu’elles comprennent que l’histoire officielle n’est qu’une partie du récit.
Et surtout :
qu’elles intègrent très tôt que les femmes ont toujours contribué à faire avancer la science, la santé, le monde.
Ce livre est un hommage.
Mais aussi une réparation symbolique.
Les auteurs
Dr Stéphane Clerget

Médecin, psychiatre, praticien hospitalier, spécialiste de l’histoire de la médecine.
Auteur prolifique, pédopsychiatre reconnu, il signe ici un ouvrage de transmission accessible et documenté.
On sent la rigueur scientifique.
Mais aussi la volonté de rendre justice.
Mademoiselle Caroline

Autrice et illustratrice engagée, elle explore depuis des années les thèmes de la santé, de la maternité, de la psychologie et de la vulnérabilité.
Son travail sur La Différence invisible a marqué les esprits.
Son univers mêle humour, sensibilité et profondeur.
Dans Les Guérisseuses, elle donne un visage à celles que l’histoire avait laissées dans l’ombre.
Pourquoi lire Les guérisseuses ?
Parce que :
- l’histoire mérite d’être réécrite avec toutes ses voix
- la médecine n’est pas qu’une affaire d’hommes
- la transmission est un acte politique
- la représentation change les imaginaires
Et parce que c’est une lecture intelligente, accessible, stimulante.
Mon ressenti
J’ai refermé ce livre avec un mélange de colère et d’admiration.
Colère face à l’injustice historique.
Admiration devant la ténacité de ces femmes.
Et une certitude :
mettre en lumière ces parcours change notre regard sur le présent.
Les guérisseuses par Stéphane Clerget illustré par Mademoiselle Caroline
(Éditions Leduc)
