Shaman, l’aventure mongole – Tigran

Quand l’appel de la foudre devient destin

Il y a des livres qui ne se lisent pas : ils appellent.
Shaman, l’aventure mongole – La Quête appartient à cette catégorie rare. Premier volet de la saga Shaman, ce récit s’ouvre sur un instant suspendu, presque irréel : un homme frôlé par la foudre, dans l’immensité de la steppe mongole. Un signe. Une désignation. Une fracture intérieure aussi.

« La foudre m’a frôlé, et il sait. »

Dans le regard de Tsenek — figure de passeur, de gardien des lois invisibles — tout est déjà compris. L’éclair n’est pas un accident. Il est appelguérisoncharge, parfois fardeau. Et surtout, passage.

Une initiation entre deux mondes

La Quête raconte le cheminement d’un jeune Français venu chercher bien plus qu’un savoir exotique. En Mongolie, le chamanisme n’est pas une croyance folklorique : c’est une relation vivante entre les humains, les ancêtres, les esprits et la terre. Le livre restitue cette vision avec une intensité rare, sans jamais la figer ni la trahir.

L’initiation décrite ici n’a rien d’un stage spirituel confortable. Elle est épreuvedépouillementdésorientation, parfois vertige amoureux. Le héros marche sur une ligne fragile, à cheval entre deux mondes — l’Occident rationnel qu’il porte encore en lui, et l’univers animiste qui le traverse désormais.

La steppe devient alors un personnage à part entière : vaste, indomptable, miroir de l’âme. Le vent, la lumière, les orages y parlent un langage ancien, que l’on ne comprend qu’en acceptant de se taire intérieurement.

Ce qui frappe dans La Quête, c’est sa sincérité. Le texte ne cherche ni à convaincre, ni à impressionner. Il avance avec humilité, dans une écriture incarnée, parfois sensuelle, toujours habitée. Le chamanisme n’y est jamais présenté comme un pouvoir, mais comme une responsabilité : celle de devenir un pont entre visible et invisible.

Cette justesse explique sans doute l’écho exceptionnel qu’a rencontré le livre auprès de personnalités issues d’univers très différents :

  • Amélie Nothomb : « Absolument fascinant ! »
  • Fabrice Midal : « Un récit d’une exceptionnelle sincérité. »
  • Stéphane Allix : « Un chemin lumineux vers notre guide intérieur. »
  • Jan Kounen : « Un vibrant et magnifique voyage dans le monde des esprits. »
  • Priscilla Telmon : « L’appel vers un sublime voyage spirituel, d’éveil et de lumière. »

Ces voix convergent vers un même point : La Quête touche à l’essence de l’invisible, sans jamais la réduire.

À l’heure où la spiritualité est souvent consommée comme un produit, Shaman, l’aventure mongole – La Quête rappelle que le véritable chemin est exigeant, parfois déroutant, toujours transformant. C’est un livre qui parle de feu intérieur, de transmission vivante, de ce moment précis où l’on comprend que l’on ne s’appartient plus tout à fait.

Un récit clair et pur, « comme un cristal » selon Claire Barré, qui s’adresse à celles et ceux qui sentent, confusément, que quelque chose en eux attend d’être réveillé.

Car au fond, La Quête ne raconte pas seulement l’histoire d’un homme frappé par la foudre en Mongolie.
Elle murmure cette question universelle :

Tigran Hadengue appartient à cette lignée rare d’êtres que la vie a très tôt placés au seuil de l’invisible.
Dès l’enfance, il est traversé par des expériences hors normes : rêves lucidesextases spontanéesclairaudience. Rien de spectaculaire pourtant dans sa manière d’en parler — plutôt une évidence silencieuse, une fréquentation intime de mondes que d’autres mettent toute une vie à pressentir.

Ces états de conscience élargis ne l’isolent pas : ils l’ouvrent. Très jeune, Tigran se tourne vers les arts sacrés, la musique en particulier, comme on entre dans un temple. Le chant devient pour lui un axe, une colonne intérieure. Il étudie le chant classique et l’ethnomusicologie à l’Université Université Paris III – Sorbonne Nouvelle, cherchant déjà à comprendre comment les peuples du monde relient la voix, le souffle et l’esprit.

Parallèlement, il explore les plantes enseignantes, non comme un territoire d’expérimentation, mais comme une voie de connaissance ancestrale, transmise avec respect. Cette double approche — artistique et initiatique — façonne un homme de passage, à l’aise dans les entre-mondes.

Avant de revenir pleinement à l’écriture, Tigran consacre vingt-cinq années à l’édition, au service de la nature et des spiritualités. En 2000, il fonde avec Michèle Seeliger-Chatelain, dite MichkaMama Éditions — une maison singulière, fraternelle, dédiée aux livres d’exception et aux voix inspirées, françaises comme étrangères.

Éditer, pour lui, n’est pas publier : c’est accompagnerhonorertransmettre. Cette posture de l’ombre, patiente et exigeante, nourrit son regard d’auteur. Elle lui apprend l’écoute profonde, le respect des rythmes, la justesse du mot.

Tigran publie d’abord des poèmes, puis un roman jeunesse — Jonathan et le secret des vignes (1996) — où se révèle déjà une sensualité de la terre, du temps long, du vivant. Mais c’est avec la saga Shaman qu’il signe un retour vibrant aux plaisirs de la plume, porté par une maturité intérieure et une légitimité vécue.

Car Shaman n’est pas un fantasme littéraire : c’est une mémoire incarnée, une écriture née de l’expérience, du chant, du silence et de la traversée. Le parcours du héros fait écho à celui de son auteur : même écoute des signes, même confrontation à la charge spirituelle, même nécessité de transformer l’épreuve en offrande.

Chanteur lyrique et chef de chœur, Tigran n’a jamais cessé de travailler la voix — non comme performance, mais comme véhicule de l’âme. Chez lui, écrire, chanter, éditer relèvent d’un même geste : accorder le visible à l’invisible.

Tigran n’est pas un maître qui enseigne.
Il est un passeur qui se souvient.
Et à travers Shaman, il nous invite non pas à le suivre, mais à reconnaître en nous l’appel ancien — celui qui, un jour, nous a peut-être déjà frôlés comme la foudre.

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