Nicolas Fraisse, un mec (vraiment) pas comme les autres

À 7 ans, pendant que la maîtresse aligne des additions au tableau, Nicolas, lui, rentre tranquillou chez lui. Il y croise ses chiens. Normal. Enfin… normal pour lui.
Car Nicolas Fraisse a une petite particularité : il sort de son corps. Comme ça. Régulièrement. Depuis l’enfance.
Et non, il ne parle pas d’un vague moment d’absence entre deux contrôles de maths, mais bien d’expériences hors du corps (OBE pour les intimes).
Pendant dix ans, il a été le cas d’étude du livre Voyage aux confins de la conscience. Aujourd’hui, il lâche la blouse blanche des labos pour enfiler le t-shirt de la BD, avec autodérision, tendresse et un sens certain du punchline existentiel.
« Salut, moi c’est Nico »
À première vue, Nico est un type parfaitement banal.
Il aime boire une bière en terrasse, râler dans les embouteillages, procrastiner devant la poussière et buller chez lui sans culpabilité excessive. Bref : un humain certifié conforme.
Sauf que… parfois… comment dire…
Il sort de son corps, capte les pensées, voit des trucs à distance.
Oui, oui. Tranquille.
Au début, évidemment, ça fait flipper. Beaucoup.
Heureusement, Nicolas n’est pas seul. Deux scientifiques l’ont observé, testé, analysé pendant près de dix ans. Résultat ? Un joli cocktail de théories : supercherie, complot mondial, cerveau surconnecté… chacun y est allé de son hypothèse.
Ses amis, eux, ont tranché plus simplement :
👉 « Nico est un esprit libre. »
Et voilà comment commence cette BD : une immersion joyeuse dans un quotidien où l’extraordinaire se glisse entre deux cafés, sans jamais se prendre trop au sérieux.
Quand être différent, c’est surtout être incompris
Mais attention, derrière l’humour, il y a le vécu.
Car quand on est enfant et qu’on vit des expériences que personne ne comprend — ni les copains, ni les adultes — ça pique.
Petit, Nicolas pensait que tout le monde sortait de son corps. Logique.
Puis un jour, il discute avec les autres enfants. Et là… surprise : non. Pas du tout.
À partir de là, le doute s’installe.
Et si j’inventais tout ? Et si j’étais juste trop imaginatif ? Ou pire… fou ?
Alors Nicolas fait ce que ferait tout esprit rationnel pris dans une situation irrationnelle : il vérifie. Encore. Et encore.
À 13–14 ans, ça devient presque obsessionnel. Un jour, pendant un « moment d’absence » en classe, il voit son père construire un muret dans le jardin. En rentrant, le muret est bien là.
Après plusieurs expériences de ce genre, le doute n’est plus permis.
Parler… ou se taire
Au collège, Nicolas tente. Une fois.
Lors d’un exercice où chacun doit parler de ses « dons », il explique qu’il peut voir ce qui se passe ailleurs.
Fou rire général.
« Arrête de dire n’importe quoi. »
Rideau. Nicolas comprend le message.
Même les adultes ne sont pas plus ouverts : un prof lui conseille d’aller voir un médecin. Traduction : tais-toi.
À partir de là, Nicolas se tait.
Trop bizarre pour les uns, trop inquiétant pour les autres.
Soit on le prend pour un menteur, soit pour un sorcier, soit pour un espion qui sait trop de choses (et ça, franchement, ça fait fuir dans la cour de récré).
Le vrai vertige n’est pas l’OBE, mais le regard des autres

Ce que raconte cette BD avec beaucoup de finesse, c’est que les expériences hors du commun ne sont pas forcément traumatisantes en elles-mêmes.
Elles sont souvent décrites comme agréables, fluides, naturelles.
Ce qui fait mal, ce sont les questions sans réponses.
Le silence. Le déni. Le regard qui juge ou qui pathologise.
À l’adolescence, Nicolas frôle la bascule. Trop de mental. Trop de questions. Deux réalités qui semblent se dissocier.
Jusqu’à ce qu’une rencontre amoureuse — et un psychologue plutôt inspiré — l’aident à se réancrer. Études, lecture, réflexion. Du concret.
Et paradoxalement, c’est ce mental qui l’a mis en danger… qui va aussi le sauver.
Une BD qui fait du bien (et qui décoiffe un peu)
Je sors de mon corps, et alors ? n’est ni un manifeste mystique, ni un traité scientifique déguisé.
C’est un récit humain, drôle, touchant, accessible, qui parle de différence, de solitude, de courage — et de liberté intérieure.
Une BD qui vous fera rire, réfléchir, et peut-être regarder autrement ceux qui vivent « un peu à côté ».
Ou un peu au-dessus. 😉
👉 Une chose est sûre : vous ne risquez pas de vous ennuyer.
Nicolas FRAISSE

Je suis Nicolas Fraisse, je suis né en 1982 dans un petit village de la Drôme, je pratique les sorties hors du corps depuis l’enfance (oui, même avant de savoir faire du vélo). Après un détour par les chiffres et les bilans, j’ai choisi en 2013 le métier d’infirmier, soignant le corps autant que la conscience. En 2006, j’ai rejoint l’ISSNOE (Institut Suisse des Sciences Noétiques), où mes expériences de décorporation ont été observées par des scientifiques, parfois même sous contrôle d’huissier. Je continue depuis à explorer les mystères de la conscience, entre curiosité joyeuse et quête sérieuse. Mon regard a basculé d’un monde matérialiste à une vision où la conscience danse entre matière et esprit. Raconter ces voyages invisibles est devenu un autre chemin : partager pour que chacun ose questionner ses propres horizons.
Benoît FLAMEC

Benoît Flamec est illustrateur et animateur auprès des enfants. C’est avec humour et légèreté qu’il aborde des sujets aussi complexes et encore incompris que la mort et l’après-vie. La version illustrée du livre de Jean-Jacques Charbonier est née de leur rencontre, ce dernier étant particulièrement sensible à son style et à ses convictions.
Je sors de mon corps, et alors ? – Nicolas Fraisse – dessins Benoit Flamec – 16,90€ –www.editions.tredaniel.com