Chanter, pour elle, n’a jamais été une performance mais une recherche du mystère. Une façon d’habiter le silence, d’accorder le corps au monde, de relier l’invisible au souffle. Louise Vertigo trace depuis trente ans un chemin singulier, entre scène et intériorité, art et méditation, rock et zen. Sa voix n’impose rien : elle ouvre.
L’origine du chant

Dans son enfance, les voix résonnaient avant les mots.
Sa mère chantait sans relâche, comme pour conjurer le chaos familial. Entre les livres et les silences, la petite Louise rêvait d’écriture, croyant d’abord que sa voie passerait par les lettres. Adolescente à Paris, elle traverse la dureté du réel, passe son bac par correspondance, travaille le jour et écrit la nuit. Puis vient le chant, d’abord lyrique, découvert presque par hasard, comme une seconde naissance.
« J’ai su que c’était mon destin. »
Sa voix s’impose sans calcul, juste, naturelle.
Elle rejoint un groupe de rock en autodidacte, persévère, enregistre, trouve dans la musique un exutoire. À l’époque de la french touch, elle côtoie Bob Sinclar, Kid Loco, Rubin Steiner. Le trip-hop devient son territoire, un lieu de fusion entre mystère, désir et spiritualité. Puis quelque chose change : la recherche d’authenticité prend le dessus sur la scène.

Le souffle comme éveil
La rencontre avec le maître zen Pierre Philippon fut un point de bascule.
Louise pratiquait déjà le Kinomichi auprès du maître Noro, art du mouvement issu de l’Aïkido, qui l’initie à la fluidité et à la verticalité. « J’ai découvert que j’avais un corps », dit-elle simplement. Ce fut une révélation : la voix n’était pas un instrument extérieur, mais une extension du souffle vital.
En travaillant avec les vibrations bouche fermée (méthode Marie-Jeanne Rodière), elle comprend que chanter et respirer relèvent d’un même art de l’alignement. Peu à peu, sa pratique se spiritualise, se dépouille.
Naît alors La Voix et le Souffle, une approche holistique et vivante, tissée d’arts martiaux, de méditation et de chant. Une voie pour libérer la voix, pour retrouver la justesse du corps et du cœur.
La voie de la transmission

Louise enseigne aujourd’hui comme elle chante : avec écoute, exigence et bienveillance.
Dans ses séminaires, les participants apprennent à s’enraciner, à respirer, à sentir la voix se poser sur le souffle jusqu’à devenir vibration. Ce n’est pas une technique : c’est une expérience.
Elle guide les orateurs, les artistes, les thérapeutes vers une présence pleine, une voix reliée à l’intérieur. Le timbre s’enrichit, le souffle s’apaise, le mental se délie. La voix devient alors instrument de vérité, révélateur de ce qui se tait.
Chaque formation, qu’elle s’adresse à un conférencier ou à un chanteur, repose sur une même clé : trouver la voix dans le corps, et le corps dans le souffle. C’est là que naît la justesse, cette vibration subtile qui touche l’autre sans effort.
L’artiste qui relie

Louise Vertigo n’a jamais cessé de créer.
Ses chansons parlent d’amour, de mystère, de l’invisible qui relie les êtres. Leur beauté fluide, leurs harmonies éthérées portent la marque d’une recherche intérieure.
L’album de la transition « Les branches des arbres se soulèvent » s’inspire directement d’expériences et ressentis durant ses pratiques des arts internes, comme le titre La légèreté. Puis « Elixir haut » en lien avec son chemin spirituel du souffle, semé de références à la méditation et aux martiaux, et « Chevaucher le vent », paru en vinyle collector, véritable poème sonore, hymne à la liberté.
Sur scène, lors de soirées La Voix et le Souffle et plus récemment les Respiration concerts, elle change le rapport au public, ses récitals sont enrichis de méditations, de pratiques tournées vers le public, de performances sensorielles invitant des intervenants.
Depuis 2019, elle produit et anime sur Aligre FM Respirations, une émission où se croisent maîtres d’arts internes, thérapeutes et artistes de l’âme.
Et bientôt, un voyage initiatique au Japon donnera naissance au film documentaire « Louise et les maîtres du son japonais » : une exploration du lien entre la voix, le souffle et les traditions spirituelles. Des psalmodies aux sons des pierres, à la rencontre de quatre trésors vivants, grands maîtres de savoirs immémoriaux, Stomu Yamash’ta et le son sacré, Hiroshi Tada aux sources de l’Aïkido, Ôkura Shônosuke et le secret du Nô, Shundo Aoyama, le zen au féminin.
Pour en savoir plus, découvrez l’appel aux dons et au mécénat en soutien au film sur Hello asso :https://www.helloasso.com/associations/la-voix-et-le-souffle/formulaires/4
Tout, chez Louise, converge vers cette idée : l’art est un passage. Entre soi et le monde, entre le souffle humain et le souffle du vivant.
Une présence intérieure
Louise Vertigo est une femme de l’intime. Sur scène comme dans ses cours, elle invite à l’écoute profonde, à la résonance intérieure. Son enseignement ne sépare pas la technique de la conscience : il relie.
Elle parle peu d’elle, mais ses silences racontent le reste — les blessures, les renaissances, la fidélité à une quête de vérité.
Ce qu’elle transmet, c’est une manière d’être au monde : respirer, écouter, vibrer juste.
Car pour elle, la voix n’est pas un don, c’est une voie — celle qui mène, pas à pas, du souffle à l’âme.
