Le masculin en pratique

Il ne suffit pas de comprendre le masculin sacré : il faut l’incarner. Le vivre dans la chair, dans les gestes quotidiens, dans les engagements profonds. Cet article propose des figures mythologiques inspirantes, des rituels à vivre seul, et des pratiques complémentaires pour soutenir un chemin de transformation.

Chaque culture a vu émerger des figures masculines sacrées, symboles d’équilibre, de force juste, de sagesse incarnée. Elles ne sont pas des modèles à copier, mais des miroirs archétypiques, des sources d’inspiration vivante.

Symbole de mort et de renaissance, Osiris enseigne que l’homme sacré ne craint pas de traverser l’obscurité. Il accepte l’épreuve, la désintégration, pour renaître plus vaste.
Rituel : Écris sur un papier tout ce que tu es prêt à laisser mourir en toi. Brûle-le en conscience. Puis, sur un autre papier, écris ce que tu choisis de faire naître. Garde ce second mot près de ton cœur.

Odin, suspendu à l’arbre du monde, accepte de perdre un œil pour voir autrement. Il incarne le masculin qui cherche la connaissance intérieure, au prix d’une part de lui-même.
Rituel : Médite les yeux bandés. Prive-toi volontairement d’un sens pendant quelques instants (vue, parole…) pour ressentir différemment. Note ce que cela ouvre.

Dionysos invite à descendre dans les émotions, dans les forces brutes et vitales. Il n’est pas désordonné, il est l’alchimiste du sensible.
Rituel : Danse librement pendant 20 minutes, seul, sans musique ou avec un son répétitif. Laisse le corps exprimer ce que la bouche ne sait pas dire. Puis écris ce qui a émergé.

Hermès traverse les frontières, lie les contraires, apporte le mouvement. Il est le guide du passage intérieur.
Rituel : Écris une lettre à ton futur toi. Celui qui a intégré pleinement ton masculin sacré. Décris comment il marche, parle, aime, agit. Garde cette lettre comme une boussole.

Le plus ancien des héros mythiques. Sa force brute n’a de sens que lorsqu’il découvre la perte, l’amitié, la finitude.
Rituel : Rappelle-toi un moment où tu as perdu un frère, un ami, une illusion. Écris ce que cela t’a appris de toi-même. Puis parle à voix haute à ton toi d’alors : ce qu’il a vécu, ce qu’il a compris.

Le masculin sacré peut se nourrir de nombreuses voies corporelles, spirituelles ou thérapeutiques. Ces pratiques permettent d’ancrer les archétypes, de guérir les blessures, de faire circuler l’énergie vitale.

Postures dynamiques, ancrées, associées au souffle. Pour cultiver la stabilité, l’alignement, la puissance tranquille.

Travail du centrage, du relâchement, du non-agir. Pour intégrer une force douce, fluide, qui n’a rien à prouver.

Redonner une voix au masculin. Oser le cri, le chant sacré, le son profond du ventre. La voix comme axe et comme offrande.

Guérir les lignées masculines. Voir ce qui entrave. Replacer les pères, les frères, les fils à leur juste place dans le système.

Parler vrai. Écouter. Se laisser toucher. Une fraternité silencieuse où la vulnérabilité devient force collective.

Recevoir. Lâcher le contrôle. Habiter le corps autrement. Reconnecter à la tendresse sans enjeu.

Se retirer. Écouter le vivant. Marcher sans but, jeûner avec conscience, laisser la forêt enseigner.

Écrire chaque jour quelques lignes sur ce que l’homme en toi traverse. Noter les rêves, les visions, les colères. Créer un dialogue intérieur.

Aller toucher la matière. Créer un objet. Nager nu. Marcher pieds nus. Allumer un feu. Invoquer les éléments pour retrouver ta propre nature.

Le tantrisme, dans sa forme profonde et spirituelle, propose un chemin d’unification. Il ne s’agit pas de techniques sexuelles spectaculaires, mais d’un art de présence : ressentir, ralentir, honorer. Le masculin y apprend à faire de sa sexualité une prière vivante, à canaliser l’énergie plutôt que la décharger, à rencontrer l’autre non pas comme un objet, mais comme un mystère.

  • D’ouvrir le corps à des états de conscience élargis,
  • De transformer le désir en élan d’élévation,
  • De réconcilier puissance et vulnérabilité,
  • De faire de l’union un acte de guérison mutuelle.

Pratiqué avec sincérité, le tantrisme permet :

  • Méditation sur la respiration sexuelle (visualiser le souffle montant du périnée au cœur, puis au sommet du crâne).
  • Massage tantrique avec consentement clair et écoute fine.
  • Célébration du corps de l’autre sans but ni attente.
  • Moments de regard silencieux prolongé entre partenaires (rituel du « eye gazing »).

Pratiquer le masculin sacré, c’est entrer dans une danse. Entre archétypes et expériences, entre corps et esprit, entre blessures et guérison. C’est oser devenir homme autrement : non par imitation, mais par intériorité.

Ce n’est pas un sommet à atteindre, mais un chemin à habiter. Jour après jour. Corps après corps. Silence après silence.

Et dans ce chemin, chaque pas compte : une parole donnée, une main tendue, une respiration consciente. Le masculin sacré n’est pas un idéal lointain. Il est ici. Maintenant. En toi.

J’ai posé la question à David, des groupes d’hommes qu’il anime ou organise :

« Dans un premier temps, je viens prêter main forte pour des stages animé par d’autres personnes. Par exemple Guillaume Doucere : Cœurs d’hommes, pour des stages de tantra pour des gays autant que pour des hétéros. Mais j’anime aussi des séjours où c’est moi qui organise et anime. Je focalise sur l’intériorité, les émotions, les blocages corporels avec des temps de parole et des méditations actives. Nous pratiquons également le Kundalini yoga qui permet de faire le pont avec le tantra shivaïste. Je leur apprends également à donner un massage. Dernièrement j’ai animé un stage où nous avons pratiqué le Watsu à la Maison entre hommes aux Vans en Ardèche, ce qui est très puissant pour le lâcher prise, la confiance et la mémoire de l’eau dans la vie intra-utérine.

A part cela j’ai un projet qui me tient très à cœur, mais dont je n’ai pas résolu l’organisation d’un travail autour de « l’homme sauvage », mais que je projette pour le printemps 2026. J’imagine une retraite dans la nature avec un groupe d’une vingtaine d’hommes. Il faut que l’endroit soit sauvage mais protégé. Car, pour se retrouver avec un groupe d’hommes nus qui vont se confronter, vivre des expériences importantes. Il me faut une sécurité absolue. »

Question : Parmi les archétypes classiques masculins, où se situe Franck ? Père, roi, prêtre, magicien, guerrier ?

« Pourquoi pas prêtre et magicien et guerrier ? Beaucoup d’hommes vont mettre le guerrier instinctivement en lumière. Parce que c’est ça qu’il faut pour être un homme, il faut être un guerrier.

Mais je peux être magicien et guerrier en même temps. C’est ainsi dans mon prisme.

Au-delà des archétypes et les dénominations, je verrais bien un archétype représenté par un dessin qui serait moitié homme, moitié femme, avec une lance dans une main et une baguette de magicien dans l’autre. On peut parler également de l’alchimiste érotique en fait. C’est une idée et un choix

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