Ce sujet me semble si primordial que je vais publier 3 articles sur le Féminin sacré, à intervalle d’une semaine. A vous de suivre.
Une figure mythologique du féminin sacré : Inanna, la déesse aux deux visages

Inanna, grande déesse sumérienne de l’amour, de la fertilité et de la guerre, est l’une des premières figures du féminin sacré connues. Son mythe principal — la descente aux Enfers — est une métaphore puissante du féminin en initiation.
Elle quitte son trône céleste, enlève ses parures une à une à chaque porte du royaume souterrain, et meurt symboliquement avant de renaître, transformée.
Inanna incarne un archétype de traversée : celui de la femme qui affronte ses ombres (Éreshkigal, sa sœur souterraine), perd ses identités sociales, et renaît dans une souveraineté plus vaste.
Elle est une passerelle entre les polarités : ciel et terre, amour et guerre, lumière et obscurité. Travailler avec Inanna, c’est embrasser la totalité du féminin, y compris ce qui dérange ou fait peur.
À suivre : un article ou atelier autour du mythe d’Inanna comme matrice d’un rite de passage contemporain pour les femmes.
Rituel du féminin lunaire : la spirale silencieuse
À faire seule, un soir de pleine lune ou de lune noire, selon ce que tu veux honorer : lumière ou vide, gratitude ou libération.
Matériel : une bougie, un bol d’eau, une pierre (lune, quartz rose, obsidienne selon l’intention), un petit carnet.
Durée : 30 à 45 minutes
1. Préparer l’espace sacré
Dispose les éléments en cercle. Allume la bougie au centre. Entre en silence dans le lieu. Respire lentement.
2. Trace une spirale au sol (avec un foulard, des fleurs ou mentalement). La spirale représente le chemin vers toi-même.
3. Marche lentement dans la spirale, en récitant intérieurement :
J’entre en moi. J’écoute. Je descends. Je reviens.
4. Au centre de la spirale, assieds-toi. Tiens la pierre entre les mains. Pose une question au féminin en toi (ex. : “De quoi ai-je besoin pour m’ouvrir ?”, “Quel schéma suis-je prête à libérer ?”, “Où ai-je besoin de douceur ?”).
Laisse les images venir. Respire.
5. Bois une gorgée d’eau, pour ancrer.
6. Reviens lentement sur tes pas. Note dans ton carnet ce que tu as perçu. Remercie. Éteins la bougie.
Chaque lune est une mère, un miroir, une matrice. Le rituel est une façon de se souvenir que ton corps est un sanctuaire vivant.
Chacune ouvre une porte singulière vers le féminin sacré : Perséphone incarne la descente, la dualité et l’éveil intérieur ; Isis, la souveraineté, la guérison et la transmission du savoir magique. Voici pour chacune une présentation archétypale + une pratique ou rituel guidé, dans la même veine que pour Inanna.
PERSÉPHONE – La Reine du Monde d’En Bas

Perséphone est l’initiée, l’errante, la passeuse entre deux mondes. Fille de Déméter, déesse de la nature, elle est enlevée par Hadès et emmenée aux Enfers. Ce rapt marque le passage de l’innocence à la connaissance, de la fille à la femme, de la surface à la profondeur.
Mais dans cette histoire souvent lue comme une tragédie, se cache un mystère alchimique : Perséphone ne reste pas prisonnière. Elle devient Reine du monde souterrain, elle apprend à régner sur l’ombre. Elle vit moitié de l’année sous terre, moitié à la lumière : elle est le féminin cyclique par excellence, celle qui descend pour mieux revenir féconde.
Perséphone n’est pas victime. Elle est une initiée des mystères.
Rituel d’ancrage avec Perséphone : le voyage souterrain
Intention : retrouver ses parts exilées / accueillir ses émotions profondes / faire la paix avec l’obscurité.
À faire : un soir de lune noire ou en période de passage (deuil, séparation, initiation intérieure).
Matériel : un miroir, une pierre noire (obsidienne, onyx ou tourmaline), une couverture.
- Installe-toi dans un lieu calme
Ferme les yeux. Place la pierre dans tes mains, contre le cœur ou le bas-ventre.
2. Visualise un escalier en spirale qui descend sous terre.
Inspire profondément. À chaque marche, laisse tomber une image, un masque, une peur.
3. En bas, une caverne t’attend. Un trône de pierre.
Perséphone est là. Ou c’est toi qui t’y assieds. Sens la force du lieu : lente, dense, silencieuse.
4. Demande à ton inconscient : « Quelle partie de moi est prête à revenir à la lumière ? »
Attends. Vois si un souvenir, une émotion ou une image surgit. Accueille sans analyser.
5. Quand tu es prête, remonte lentement.
Ouvre les yeux. Regarde-toi dans le miroir. Reviens avec douceur.
6. Enveloppe-toi dans la couverture. Bois quelque chose de chaud.
Tu es revenue.
Travailler avec Perséphone, c’est accepter les descentes comme des sources de maturité. C’est devenir Reine de son propre monde intérieur.
ISIS – La Magicienne du Verbe Créateur

Isis est la grande déesse-mère égyptienne, sœur et épouse d’Osiris, mère d’Horus. Elle incarne la magicienne initiée, la guérisseuse, la prêtresse du verbe et des symboles. Quand Osiris est démembré, elle part à la recherche de ses morceaux épars. Elle le recompose, le ressuscite, et conçoit Horus par un acte d’amour magique. Elle est la gardienne de l’unité perdue, la restauratrice de l’intégrité.
Elle est le féminin qui guérit ce qui a été brisé. Celui qui donne forme à l’invisible.
Isis n’agit pas par force brute : elle connaît les noms secrets des choses, elle appelle par le souffle, elle incarne la sagesse divine dans un corps de femme.
Rituel avec Isis : guérir par le verbe et la visualisation
Intention : reconstituer ce qui s’est fragmenté / redonner du sens à une blessure / invoquer la puissance créatrice du féminin.
À faire : en pleine lune, en état de réceptivité.
Matériel : encens ou résine, une coupe d’eau, une plume (ou image d’Isis), un carnet.
1. Allume l’encens. Respire.
Place la plume ou l’image d’Isis devant toi. Ferme les yeux. Sens sa présence derrière ton épaule gauche.
2. Dis à voix haute :
« J’appelle Isis, maîtresse du souffle et du verbe,
celle qui connaît les noms cachés,
celle qui restaure ce qui a été dispersé. »
3. Pose une main sur ton cœur, l’autre sur ton bas-ventre.
Demande : “Quelle partie de moi a besoin d’être réunifiée ?”
Accueille ce qui vient : souvenirs, tensions, rêves oubliés.
4. Écris une prière de réparation.
Mets-y des mots simples, vrais, vibrants. Comme si tu cousais avec la langue.
5. Bois l’eau.
Comme si tu intégrais l’élixir de cette guérison en toi.
Isis t’enseigne que tu es le temple, le souffle et le verbe.
Tu n’as pas besoin de chercher à l’extérieur ce que tu peux reconstituer à l’intérieur.
Marie est une figure à part. Elle touche à la fois au féminin sacré universel et à une mémoire archétypale collective très profonde, enracinée dans des siècles de culture, de foi et de mystère.
Elle est souvent perçue sous un angle unique — la mère du Christ, pure, douce, obéissante — mais lorsqu’on l’aborde d’un point de vue symbolique et spirituel, Marie devient un canal immense du féminin divin, de la compassion agissante, de la puissance de l’accueil, du cœur ouvert qui transcende toute forme de domination.
MARIE – Le Cœur Vierge et Cosmique

Marie n’est pas seulement la mère. Elle est la matrice, l’espace vide dans lequel le verbe s’est incarné. Elle est vierge non pas au sens sexuel, mais au sens mystique : entière, souveraine, non possédée par le monde.
Dans les traditions mystiques chrétiennes, gnostiques ou soufies, Marie devient la Sophia, la Mère divine, l’axe vertical entre ciel et terre. Elle incarne le pouvoir de l’acceptation radicale, de l’écoute intérieure, du oui inconditionnel à la Vie. Elle est le calice.
« Que tout m’advienne selon ta parole » — cette phrase contient toute l’essence du féminin sacré : non pas passivité, mais consentement lucide à une transformation intérieure majeure.
Dans certaines traditions ésotériques, on dit que Marie a été formée dans le Temple, qu’elle maîtrisait les arts subtils, qu’elle était initiée à la Lumière, comme une haute prêtresse. La Marie noire, la Marie des douleurs, la Marie des apparitions — toutes ces facettes révèlent un archétype du féminin spirituel : transcendant mais incarné.
Rituel avec Marie – Le souffle du cœur
Intention : ouvrir le cœur / accueillir une paix intérieure / se relier à l’Amour inconditionnel.
À faire : un matin ou un soir en quête de douceur, de réconfort, ou de guidance.
Matériel : une bougie blanche ou bleue, un chapelet ou une pierre claire (sélénite, quartz, perle), un coussin.
1. Allume la bougie. Assieds-toi dans un silence tendre.
Pose tes mains sur ton cœur. Inspire profondément.
2. Ferme les yeux et prononce intérieurement (ou à voix basse) :
Marie, souffle du silence,
ouvre en moi l’espace du cœur.
Apprends-moi à dire oui, même dans l’inconnu.
Apprends-moi à aimer, même dans la peur.
Fais de mon cœur un sanctuaire.
3. Visualise un manteau de lumière bleue autour de toi.
Léger. Fluide. Protecteur. Rassurant. Il te relie à une lignée de femmes priantes, guérisseuses, gardiennes.
4. Inspire dans le cœur. Expire depuis le cœur.
À chaque expiration, libère une tension, une attente, une douleur.
5. Lorsque tu es prête, murmure trois fois :
Je suis contenue. Je suis bénie. Je suis aimée.
6. Note ensuite dans ton carnet une réponse venue du cœur.
Peut-être une phrase. Un ressenti. Une image. Elle est pour toi
Travailler avec Marie, c’est redevenir sanctuaire. C’est porter la paix comme une fréquence. C’est dire oui à l’amour inconditionnel dans un monde imparfait.
Julie Alexis, la voie faite femme
En conclusion de cet article, j’ai posé quelques questions à Julie Alexis dont vous retrouverez le témoignage dans chacun des articles sur le Féminin Sacré.
Des archétypes comme des flammes intérieures : Frida, Clarissa, Miranda…

« Parmi toutes les figures du féminin, celle qui m’accompagne depuis très jeune, c’est Frida Kahlo. À 18 ans déjà, quand j’étudiais les lettres, je la trouvais absolument révolutionnaire. Mais avec le temps, j’ai compris plus profondément pourquoi elle me touche autant. Frida, pour moi, incarne la puissance de la femme blessée mais inépuisable, celle qui transforme la douleur en art, en lumière, en couleurs. Elle a vécu dans un corps meurtri, mais son âme rayonnait. Sa peinture, ses fleurs, ses silences, son intensité — tout en elle me parle de liberté, d’authenticité, de beauté brute. Elle n’a jamais cherché à masquer ses blessures. Au contraire, elle en a fait un langage. C’est cette authenticité féroce et tendre qui m’inspire encore aujourd’hui. Frida ne cherchait pas à plaire. Elle cherchait à être. »

« Et puis bien sûr, il y a Clarissa Pinkola Estés. Comment cheminer vers le féminin sans croiser Femmes qui courent avec les loups ? Ce livre, c’est une forêt. Une maison d’os. Une carte intérieure pour celles qui veulent retrouver la femme sauvage. Il m’a ouvert des portes. Comme Lune Rouge, de Miranda Gray, qui m’a profondément aidée à comprendre mes cycles, à accueillir mon féminin cyclique, lunaire, changeant. Ces femmes-là sont des passeuses. Elles nous tendent des miroirs et des torches. Elles nous rendent nos voix. »
Hiéros Gamos : les noces sacrées

« Quand tu as parlé du hiéros gamos, ça m’a tout de suite traversée. Parce que je l’ai vécu. Pas en rêve, pas seulement en symboles, mais dans un stage de tantra, avec Franck, mon compagnon. Ce qu’on a vécu ensemble là-bas a dépassé tout ce que j’avais pu imaginer. On a recréé nos noces — pas celles du quotidien, mais celles de l’âme. On s’est mariés spirituellement, tantriquement. Moi en rouge, lui en blanc. Et ce n’était pas une simple cérémonie : c’était un rituel profond, archaïque, vibrant. »
« Il avait l’épée, j’avais la coupe. Et à un moment, on s’est échangés les objets. Ce geste, symbolique, presque alchimique, a été d’une intensité rare. Comme si nos polarités s’unissaient, se reconnaissaient, se traversaient. C’était fort, très fort. Ce n’était plus juste lui et moi. C’était le Masculin sacré et le Féminin sacré qui dansaient, s’honoraient, se reliaient. Ce que tu écris sur le hiéros gamos me touche au cœur parce que je sais que ce n’est pas qu’un mythe. C’est un souvenir ancien dans nos corps, une mémoire d’union intérieure et extérieure. Et quand on a la chance de le vivre, même une seule fois, tout change. Tout s’ouvre. On comprend que l’amour, dans sa forme sacrée, est un chemin d’éveil. »
Pour communiquer davantage :
franck.julie.alexis@gmail.com www.stage-massage-developpement.com
Moi, Galya, je vous murmure : Et si le hiéros gamos n’était pas un mythe ?
Et si ce que nous appelons féminin sacré n’était pas une idée nouvelle, mais une mémoire ancienne qui palpite encore au creux de nos ventres, de nos voix, de nos silences ?
Et si les archétypes, ces figures flamboyantes de guérisseuses, de sorcières, de mères sauvages ou de vierges alchimiques, n’étaient pas des rôles à imiter, mais des parts de nous-mêmes qui attendent qu’on les réveille ?
Peut-être que le hiéros gamos, les noces sacrées, n’est pas un conte réservé aux initié·es. Peut-être qu’il murmure dans chaque regard qui honore, dans chaque geste d’amour qui ne cherche pas à posséder mais à révéler. Peut-être qu’il naît quand le féminin cesse de se cacher, et que le masculin se souvient qu’il est plus qu’une armure.
Il y a une coupe en nous, prête à recevoir. Une épée, prête à se déposer. Il y a un feu, qui ne détruit pas mais qui unit.
L’union du dedans et du dehors. L’alliance de l’ombre et de la lumière.
Non plus “toi” ou “moi”. Mais “nous”, dans le souffle du vivant.
Alors que cette série s’achève, que les mots déposent leurs voiles, peut-être reste-t-il une seule question :
Et si le hiéros gamos, cette union sacrée entre nos polarités, était la clef de notre complétude ?
Et si tout ce que nous cherchons — la paix, l’amour, la puissance, la guérison — naissait là, dans ce geste humble et cosmique de réconciliation ?
C’est un rite qui n’a pas besoin de temple.
Juste de ta présence.
Juste d’un oui.
